AEROPHONE – « Atrabile »

Inspiration dance # 1

Aerophone – « Atrabile »

Bruit Chic/L’Autre Distribution

Par Dom Imonk

Chronique parue le 01 juillet 2017 dans la Gazette Bleue N°23 • Juillet 2017

Pour fêter les dix ans d’Aérophone, l’un des projets menés par le trompettiste, bugliste Yoann Loustalot, voici ce nouvel album, l’occasion de retrouver ses fidèles compagnons Blaise Chevallier (contrebasse) et Frédéric Pasqua (batterie). « Atrabile » fait suite à « Aérophone » (2010 – Fresh Sound New Talent) et « Flyin’ With » (2013 – Bruit Chic). Il y a trois ans, ce fut la rencontre décisive avec Glenn Ferris, tromboniste invité en un quartet éphémère, lors de concerts ou festivals. On n’oubliera d’ailleurs pas leur passage remarqué à Bordeaux (Jazz [at] Botanic 2014). Autant dire que Yoann Loustalot et ses acolytes ont su se donner le temps d’apprivoiser l’exception. Sur ce nouvel album, Glenn Ferris devient en effet membre à part entière d’Aérophone. Ce natif d’Hollywood, qui a côtoyé les plus grands, rejoint le Cinnecittà intimiste de Yoann Loustalot, offrant son souffle à ses belles histoires. A chaque film son affiche, ainsi, après la « libellule des flocons », voici le retour de Vincent Marco, avec son escargot poète aux cornes calcinées, sauvé du noir de l’atrabile, par un frêle halo blanc. Cette délicate et bizarre dualité coloriste se retrouve dans les dix thèmes, dont certains déjà joués en concert. Une complicité gémellaire lie nos deux « aérophonistes ». Leurs voix s’entremêlent, se répondent et se marient en de vertigineux dialogues, à l’humour un brin surréaliste, où les frontières du « normal » sont souvent franchies grâce à une inspiration nourrie d’avant-garde, et le soutien d’une rythmique époustouflante d’inventivité et d’à-propos. Ainsi, nous laissons-nous emporter par les « Spongious », « Aspiration », « Spontaneous suite » et autres « Inspiration », en de turbulents courants neufs. Le charme d’Atrabile, c’est aussi une mélancolie sépia, à la Nino Rota, furtivement ressentie dans « Atrabile », « Moustal » et « Doloroso », et « Sornette », un intermède émotion dédié à Ornette Coleman. Chapeau bas enfin à Tony Paeleman, pour le son remarquable de ce disque, qui le pare d’or noir. 

yoannloustalot.com

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