François Raulin & Stephan Oliva – « Correspondances »

Des notes buissonnières # 1

Abalone productions/L’Autre distribution

Par Dom Imonk

Chronique parue le 01 janvier 2017 dans la Gazette Bleue N°20 • Janvier 2017

Habitués l’un à l’autre depuis plus de vingt ans, les pianos de François Raulin et Stephan Oliva ne se cachent dès lors aucun secret et nourrissent bien au contraire une subtile complicité. Alors que le premier se fait les dents (d’ivoire) chez Louis Sclavis, il croise le second dans un trio dont Bruno Chevillon assure la contrebasse. Une riche histoire nait de cette rencontre et s’écrit pas à pas, à force d’hommages rendus aux grands artistes qui les inspirent, comme Lennie Tristano, Cecil Taylor et Erik Satie. Mais d’autres expériences très enrichissantes se vivront avec de renommés musiciens (François Corneloup, Ramon Lopez, l’Arfi etc…). C’est en 2014 que se crée le projet « Correspondances », à la MC2 de Grenoble, et l’enregistrement suivra l’année suivante. Le concept de l’album est de rédiger des lettres, aux personnages qui ont guidé nos deux pianistes. Ils en décrivent parfaitement l’outil : « Le piano de tout temps a été la machine à écrire du compositeur et son journal intime ». Ainsi, chaque thème s’adresse à un artiste particulier et tente d’en redessiner l’esprit par des titres à l’énoncé souvent humoristique et affectueux, et par une musique belle, singulière et habitée de sentiments passionnés. La grâce et la classe des deux hommes se retrouvent en chacune des compositions, et élèvent les esprits vers une autre forme musicale, un territoire où s’abolissent presque les étiquettes. Jazz, classique, contemporain, d’irrésistibles flux de pure beauté nous emportent. Ainsi, on rend grâce à ce « Cher Martial » (Solal), à « Randy Weston » et à « Jimmy » (Paul Bley). Des « Télégrammes » sont envoyés à Ligeti et Motian, et on tient des « Conversations sur Dutilleux ». Nous sommes bouleversés par « Lettre à Emma Bovary » et par « Sometimes i fell like a motherlesschild » (Linda Sharrock à Jeanne Lee). « In a mist » (Bix Beiderbecke) clôt ce brillant album servi par un son magnifique (Studios La Buissonne/Gérard de Haro).

www.f-raulin.com

www.stephanoliva.com

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