Fête de la Musique 2015 à Bordeaux – Scènes Action Jazz –

Par Dom Imonk
Photos Alain Pelletier

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

Pour cette édition, la Ville de Bordeaux avait prévu quatorze scènes musicales, pour un public venu nombreux grâce à un beau soleil, c’était la moindre des choses, en ce premier jour de l’été.
Action Jazz s’est ainsi retrouvée à deux endroits, avec des artistes très motivés et dont les styles ont couverts divers territoires du jazz.

Sur la scène vocale du Musée des Beaux-Arts, c’est Misses Swing qui a ouvert la soirée avec une musique d’âme, belle et généreuse. Leur swing est naturel, avec une coloration blues, et des élans gospel. Laura Arazola (alto, mezzo), Laura Minae (soprano) et Florence de Bengy (mezzo) ont marié leurs jolies voix, pour emmener le public vers la Nouvelle-Orléans. Le guitariste Philippe Parent les a accompagnées avec beaucoup de talent, les quatre artistes se trouvant en communion pour exprimer un message gorgé de feeling. Concert très apprécié. Surveillez bien les programmations, Misses Swing peut vous faire swinguer jusqu’au bout de la nuit !

Mil & Zime, le deuxième groupe, n’avait pas eu de chance l’an dernier, un énorme orage leur ayant cloué le bec après quelques morceaux. Revanche a été prise pour eux, et c’est justice.
Cette formation délivre un jazz mêlé d’une touche de funk et d’un zeste de soul, délicieusement servi par la voix sensuelle de Elodie Hurtaud, appuyée par le reste du groupe, très efficace, avec Jean-Pascal Péralès (p), Thierry Tassaing (bat), Julien Paoletti (b), Jean-Luc Peon (g) et Gaël Lafleuriel (sax). Tous ces musiciens ont une belle inspiration, qui les fait surfer de reprises en compositions propres, avec une aisance qui séduit le public qui ondule de plaisir.

Sur la scène de la Place du Palais, c’est Flügel qui a ouvert le bal, jouant une musique profonde et exigeante. La voix illuminée de Gabrièle Castanet profère des incantations, citant Goethe, Rainer Maria Rilke et Brecht, avec parfois des envols qui font penser à Nina Hagen, voire Diamanda Galas. Très impressionnant. Le groupe soutient son chant en (lui) bâtissant un univers sonore qui rappelle le jazz (ou le rock) progressif des 70s, piqué de pointes free et punk. Les autres musiciens sont Pascal Durand (sax, flt), Jean-Charles Seosse (sax, objets sonores), Stéphane Cazhilac (clav), Hervé Mignon (b) et Uli Castanet (bat). Ambitieuse aventure à voir absolument en direct. Ça calme !

Nous voici maintenant face à un jeune guitariste bourré de talent. Tom Ibarra. A peine quinze ans, déjà plusieurs fois primé. Son jeu est jazz funk, d’une belle souplesse, où alternent rythmique précise et solos époustouflants. Très bon groupe, ils n’ont répété que quatre fois ! : Thibault Daraignes, seize ans, son associé aux claviers, est inventif en diable. Et une rythmique musclée et groovy à souhait, nourrie de l’excellent jeu de basse très 70s de Jean-Marie Morin (très jeune aussi), et de la batterie de Thomas Galvan, vingt ans, beau son, et jeu très carré et punchy. Le groupe a joué les compositions de Tom, fort bien écrites, et le So what de Miles Davis. Coup de cœur et article plus touffu dans cette gazette.

TOM IBARRA 2

Le Marine Garein-Raseta Quintet est déjà de retour ! On avait beaucoup aimé leur concert au Jazz & Blues Festival (Léognan). Marine a ajouté un clavier, cela enrichit ses compositions et assoit mieux sa voix soul, qui touche le public, de plus en plus nombreux. Les solistes s’en donnent à cœur joie, Jonathan Pailler qui rayonne, avec un saxophone bouillant et habité (feeling façon Dave Sanborn ou Bob Berg), et Jean-Loup Siaut-Surmer dont les vrilles de guitare couvent puis finissent par émerger en des chorus très léchés. Rythmique extra avec la basse élastique d’Alexis Cadeillan et le drive catchy et foisonnant d’un Pierre Lucbert en état de grâce. On veut les revoir bien vite !

MARINE GAREIN RASETA 3MARINE GAREIN RASETA 2MARINE GAREIN RASETA 4MARINE GAREIN RASETA 5MARINE GAREIN RASETA 1

On retrouve aussi l’excellent trio Electric Boots qui avait carrément fait sécher la pluie Dimanche dernier au Festival Jazz360. On l’a vu, un pacte groove unit Julien Bouyssou et son hammond de braise, aux éclairs rock et tranchants que Charlie Dufau extirpe de sa Gibson et à Julien Lavie, dont la batterie génère un puissant pouls rock-funk, indispensable au décollage et à la mise sur orbite de leur fusée. Atmosphère festive irrésistible, âme ressucitée des pistes de danse des sixties/seventies, où les gens s’éclataient sur du Stax genre Booker T & The Mg’s ou autres Bar/Mar-Keys. Ils font aussi partie d’un groupe soul-jazz, Foolish King, à voir très bientôt au Saint-Émilion Jazz Festival.

C’est un vrai plaisir de retrouver Edmond Bilal Band qui, en quelques années, a atteint un niveau élevé, à force de travail et de concerts. Ils ont beaucoup de compositions qui séduisent les amateurs d’un jazz évolutif et tatoué d’une respiration funk. Ils « repeignent » en multicouches leur public ravi, ce qui fut le cas ce soir. En quartet, Mathias Monseigne assurant la basse, ils jouent plus musclé, plus punchy, avec un Curtis Efoua en overdrive batterie. Paul Robert, souffle sa soul, façon Cannonball Adderley qu’il vénère, face à un Philippe Gueguen très complice, dont le clavier fourmille de nouvelles idées. Le 1° juillet, ils seront au concours national de la Défense. On croise les doigts !

EDMOND BILAL 1 EDMOND BILAL 2 EDMOND BILAL 3

Hyperloops est venu clore les festivités avec un electro-jazz-funk très costaud. La belle voix soul de Pierre Erreip entraîne bien son monde et le public adore. Nikoshka Niki chauffe ses claviers et assure aux cœurs. Une sérieuse couleur funky s’échappe des riffs de guitare de Nicolas Babouk, tandis qu’on a une grosse rythmique derrière avec Tristan Rémond, un géant blond, bassiste gaucher dont les lignes nous estomaquent, profondes comme un fjord. Et, last but not least, un Pierre Lucbert qui met (encore) l’aiguille dans le rouge, en cravachant le funk de son super kit yamaha. On adore The Way, Lost our way, I want you et Finally, de vrais tubes, et le public conquis les rappelle !

HYPERLOOPS 1 HYPERLOOPS 2 HYPERLOOPS 3

Cette édition 2015 s’est clôturée sous le signe du groove. Une vraie réussite ! Un grand merci à tous les artistes, venus jouer gracieusement, au public, à tous les bénévoles, aux généreux commerçants, à la Ville de Bordeaux pour les moyens mis à notre disposition, et à ses équipes techniques, pour leur amabilité et leur professionnalisme. Merci aux familles et amis. Pardon à celles et ceux que nous aurions oubliés.

Et rendez-vous l’année prochaine, même lieu, même date, pour de nouvelles aventures !

Par Dom Imonk
Photos Alain Pelletier

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s